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Le Circuit d’Allumage

Sur un moteur à combustion, le rôle du circuit d’allumage est d’enflammer le mélange air/essence à l’intérieur du cylindre. Cet allumage est assuré par une bougie, qui produit une étincelle grâce à un générateur fournissant un courant électrique à haute tension.

En automobile, l’électricité provient du circuit électrique du véhicule, donc de la batterie. Le courant est amplifié par une bobine puis distribué aux bougies en bonne séquence grâce à une delco sur les moteurs anciens, ou un boitier d’allumage électronique sur les moteurs modernes. En cas de panne électrique, l’absence d’allumage est possible, ce qui entraine alors une panne du moteur.

Cette solution technologique n’est pas acceptable en aviation : une panne du circuit électrique ne doit pas pouvoir affecter l’allumage moteur. Cette exigence de sécurité a poussé très tôt les motoristes à développer une solution qui conjugue redondance et autonomie énergétique : c’est la magnéto

magneto (cliquez pour agrandir)

La magnéto est entrainée mécaniquement par le moteur. Elle contient une génératrice et un mécanisme de séquençage de l’allumage. Les moteurs à piston d’avions comportent deux magnétos. Chaque magnéto alimente une bougie par cylindre. Il y a donc deux bougies par cylindre.  La magnéto est complètement indépendante du circuit électrique de l’avion.

circuit

En cas de panne d’une magnéto, la seconde reste fonctionnelle et permet de maintenir le moteur en marche. De même en cas de défaillance d’une bougie, le cylindre fonctionne toujours grâce à la seconde bougie.

A noter au passage que les bougies utilisées en aviation comportent deux électrodes au lieu d’une pour les automobiles (sauf sur certains moteurs sportifs).

La commande des magnétos

Sur la plupart des avions, les magnétos sont contrôlées grâce à un commutateur à clef comme celui ci dessous :

clef magneto

Dans quelques cas plus rares, le pilote peut sélectionner les magnétos avec des interrupteurs (c’est le cas sur les Piper récents par exemple).

Dans le cas du commutateur à clef, celui ci comporte au moins 4 positions :

  • OFF : les deux magnétos sont mises à la masse. Aucune étincelle n’est possible au niveau des bougies
  • R (Right) : Seule la magnéto de droite est fonctionnelle. Celle de gauche est mise à la masse
  • L (Left) : Seule la magnéto de gauche est fonctionnelle. Celle de droite est mise à la masse
  • BOTH : Les deux magnétos sont fonctionnelles.

Dans une utilisation normale, les deux magnétos doivent être systématiquement sélectionnées. Les positions L et R ne servent qu’à réaliser des essais.

Essais des magnétos

Le bon fonctionnement des deux circuits d’allumage est OBLIGATOIRE avant de partir en vol. Le décollage doit donc être précédé d’un essai des magnétos. Si l’essai n’est pas concluant, vous devez impérativement reporter votre vol.

Dans tous les cas suivez la procédure établie par le constructeur, telle qu’elle doit apparaitre sur votre check list. La procédure standard consiste à :

  1. Afficher un régime moteur donné (typiquement 1800 tours/minute)
  2. Placer la clef sur L. Seule la magnéto de gauche est alors fonctionnelle. Si celle-ci ou si une bougie qu’elle alimente a un défaut, le moteur devrait présenter un fonctionnement anormal, voire même caler. Si le circuit de la magnéto gauche fonctionne normalement, le moteur ne va perdre que quelques dizaines de RPM (ce qui s’explique par le simple fait que la combustion est moins efficace car une seule bougie fonctionne au lieu de deux)
  3. Placer la clef sur BOTH. Dans chaque cylindre, les deux bougies produisent à nouveau une étincelle : le régime doit ré-augmenter
  4. Placer la clé sur R. De la même façon que pour la magnéto gauche, on teste à présent la magnéto de droite et son circuit.
  5. Enfin revenir sur BOTH

Ne jamais tourner la clef en vol ! En cas de défaillance d’un circuit, vous risqueriez de caler le moteur et d’avoir des difficultés pour le rallumer.

Essai coupure

Sur la plupart des avions (exception faite des machines équipées de moteur Rotax), la procédure d’extinction du moteur consiste à l’étouffer en plaçant la commande de richesse sur « pauvre ». Le mélange air/essence ne contenant pas assez de carburant, le moteur s’éteint de lui même.

Quand la clé des magnétos est placée sur « OFF », les deux circuits d’allumage sont mis à la masse. Un risque existe que cette mise à la masse ne fonctionne pas (tresse de masse rompue). Dans ce cas, un danger réel existe : si vous bougez l’hélice à la main (par exemple en repoussant l’avion dans le hangar) et qu’une magnéto n’est pas correctement mise à la masse, celle ci risque de générer du courant et les bougies produire une étincelle. Bien qu’un démarrage du moteur soit peu probable, la combustion d’un reste de carburant dans un cylindre peut suffire à faire tourner l’hélice et à vous blesser.

C’est pourquoi, avant d’étouffer le moteur, vous devez réaliser un « essai coupure » en suivant les préconisations de votre manuel de vol.

2 réflexions au sujet de « Le Circuit d’Allumage »

  1. Le décollage doit être précédé d’un essai magnéto ! Assurément, mais dans certains cas précis, très précis, comme un premier lâché, certains instructeurs préfèrent que l’élève ne touche à rien avant l’alignement pour être sûr de la configuration. Maintenant passé ce cap et tes explications , je fais mes essais moteur systématiquement au point d’arrêt.

    1. Merci pour ton commentaire François. Cet argument de ne toucher à rien pour être sûr de la configuration explique pourquoi j’ai constaté ce même comportement chez plusieurs élèves venant du même instructeur. Ça se défend, mais ce n’est pas la méthode que je préconise. Question de goût et d’éducation différente certainement. Les instructeurs ont ça en commun avec les médecins d’avoir des avis divergents sur un même sujet, et il est aussi compliqué pour l’élève-pilote que pour le patient de trancher quand il reçoit deux préconisations différentes. Mais c’est intéressant et ça mérite un débat. J’en discuterai avec d’autres instructeurs pour avoir leur avis.
      Dans certaines activités comme le remorquage de planeurs ou le largage de parachutistes, le problème se pose également : les avions enchainent les vols, souvent sans éteindre le moteur. La question se pose alors de faire ou pas les essais moteurs avant de repartir. Quand j’étais vélivole, bien souvent ils ne faisaient pas d’essai moteur pour ne pas souffler les planeurs. J’ai, du coup, été témoins d’une panne de magnéto sur un Rallye remorqueur. Les engrenages en plastique dans la magnéto étaient pulvérisés. Aucune conséquence si ce n’est que le pilote remorqueur a effectué plusieurs vols sur une seule magnéto sans s’en apercevoir. Au démontage, la magnéto restante présentait aussi des traces d’usure et ses engrenages ont donc été remplacés.

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